La viande rouge, moins populaire chez les Français

Jugée trop chère, mauvais impact sur l’environnement, problèmes d’hygiène, régime alimentaire plus sain… nombreuses sont les raisons qui poussent les Français à ne plus manger autant de viande qu’avant.

Beaucoup d’études, d’articles et de synthèses ont été réalisés sur le sujet mais nous nous sommes dit qu’il fallait mieux demander directement à nos artisans bouchers qui eux vivent ce genre de sujet au quotidien dans les halles.

Greg, l’un de nos bouchers aux Halles de Bacalan, a ressenti une baisse de la consommation de viande (en général) depuis un petit moment déjà. Les gens viennent moins souvent. “Au lieu de venir toutes les semaines, ils ont tendance à venir toutes les 2 ou 3 semaines.” – Greg. Ce qui n’est pas plus mal car cela pousse les commerçants à mettre en avant des produits ultra qualitatifs car les achats se font plus rarement. D’après lui, et nous le vivons nous aussi en tant que consommateur, c’est que les gens veulent de la qualité et sont même prêts à payer un peu plus cher pour un beau morceau de viande.
“Même si les clients viennent moins régulièrement pour leur achat de viande; dès qu’ils se décident à acheter, ils sont prêts à se faire plaisir et à dépenser un peu plus” – Greg. Qui n’apprécie pas un belle côte de boeuf au barbecue?

Un aspect important qui nous conduit à réduire notre consommation est le côté financier. Il n’est pas faux qu’au final il est cher de se nourrir. Pour l’avoir vécu et vu dans son entourage, Greg nous indique que ses clients suppriment en premier la nourriture si ils doivent faire attention à leur porte-monnaie. Et oui.. n’oublions pas la semaine pâtes / gruyère; on l’a tous vécu…

Outre l’aspect financier, la France a fait face à des scandales d’abattoirs qui en ont choqué et dégouté plus d’un. Ces vidéos et émissions n’ont évidemment pas donner une image très positive du boucher et de ses produits…

Un bon nombre de personnes s’attardent aussi sur les labels. Ils y portent beaucoup d’importance lors de leur achat. Malheureusement, ces labels, introduits suite à plusieurs scandales, ne sont plus adaptés à la consommation de nos jours d’après Greg. C’est d’ailleurs l’une des raisons qu’il ne travaille plus du tout avec eux.
Tout d’abord, un label c’est un cahier des charges à suivre. Si nous prenons un label rouge sur une volaille; le poulet qui est élevé en liberté doit avoir un élevage de 81 jours minimum. Marine et Greg vendent plutôt des poulets de 105 jours donc plus vieux avec une chair plus ferme et plus dodu; mais malheureusement non labellisables car trop vieux même si largement meilleurs.
Pour la viande, le label spécifie des bêtes qui ont 4 à 5 ans maximum alors que notre boucher travaille avec des bêtes de plus de 10 ans! Encore une fois non labellisables mais largement meilleures.
Le label a beaucoup servi durant les périodes difficiles, de vache folle par exemple, mais aujourd’hui le cahier des charges est trop restreint et ne permet pas de pousser au maximum le produit et donc sa qualité. C’est la aussi d’où vient le défaut des consommations.

Malgré tout cela, nous restons de gros consommateurs de viande! “Les français ont consommé en moyenne et de façon individuelle 22,8kg de viande bovine” en 2017 (franceagrimer.fr); nous plaçant ainsi numéro 1 des consommateurs de l’Union Européenne. Et nous sommes même friands de nouveautés et de de nouveaux goûts. On aime voyager même dans nos assiettes! Christophe, responsable de la Boucherie des Docks aux Halles des 5 Cantons, vend de plus en plus de viandes non-françaises: Boeuf de Galice, Black Angus, Boeuf de Kobé… Aux Halles de Bacalan, même chose avec des viandes plutôt espagnoles et irlandaises. Les viandes internationales plaisent énormément et c’est pour cela que les bouchers font rentrer de plus en plus de bêtes non françaises. C’est atypique.

Au final, le vrai viandard viendra toujours chez l’artisan pour retrouver les produits de qualité et se faire plaisir. “Si le boucher à un gros ventre; ça veut dire qu’il vend de la bonne viande; si il est tout maigre ça veut dire qu’il n’aime pas sa viande et son métier”; astuce selon Christophe des Halles des 5 Cantons… Alors, allons chercher le bon gras!

X